Plaies, insectes et grenouilles (plaies 2,3,4 et 8)

     L'éruption du volcan de l'île de Santorin aurait entraîné des changements climatiques. Des pluies torrentielles se seraient alors abattues sur l'Egypte. 

      Jean Lescure, grand spécialiste des amphibiens, explique que deux raisons peuvent pousser ces grenouilles à se regrouper par milliers : la reproduction et l'augmentation soudaine du taux de l'humidité de l'air. Dans les pays semi-désertiques comme l'Egypte, après une période de sécheresse particulièrement longue, les amphibiens interrompent leur estivation à la première pluie pour aller se reproduire dans les points d'eau. Les grenouilles sortent alors de leurs trous, où elles s'étaient enfouies pendant plusieurs semaines, pour trouver un peu d'humidité. Invisibles quelques jours auparavant, elles envahissent villages et habitations pour rejoindre leur lieu de reproduction. Après leur dernière transformation, les tétards peuvent se répandre en masse hors du milieu aquatique si le taux d'hygrométrie augmente fortement après une série d'orages. De plus, les grenouilles auraient profité de la prolifération des mouches et moustiques qui constituent leur nourriture. Selon Christiane Amédégnato, du Muséum d'histoire naturelle de Paris, ces événements peuvent tout à fait s'être produits le long du Nil. Sous l'Antiquité, les batraciens étaient beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui. Le phénomène aurait pu prendre une ampleur exceptionnelle, au point de prendre place parmi les autres plaies. 

         L'invasion des mouches et moustiques rentre dans le même cadre que celui des amphibiens. En effet, ces insectes profitent également de la pluviosité pour pulluler dans les pays chauds. Si l'éruption du volcan de l'ïle de Santorin a engendré des pluies exceptionnelles, certaines espèces animales en ont certainement tiré profit pour se reproduire. L'augmentation du taux de l'humidité de l'air, ajouté à la chaleur, favorise l'éclosion des moustiques comme cette espèce commune en Egypte : Culex antennatus. Quant aux mouches, il s'agirait de l'espèce des Stomoxys calcitrans. De plus, ce phénomène se serait aggravé avec la détérioration des conditions sanitaires (manque d'eau, cadavres en décomposition). 

        Le spéciasliste Michel Lecoq, du laboratoire d'acridologie opérationnelle au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), précise qu'une pertubartion météorologique peut être assez forte pour déclencher, quelques mois plus tard, une invasion de criquets, mais aussi causer une cessation de la diapause (période d'arrêt du développement) et la prolifération d'espèces non actives, d'où l'impression de densité, complète Christiane Amédégnato. De plus, dans cette région du monde, les riques de pullulement du criquet pèlerin sont bien réels car la plus importante des aires de regroupement de cette espèce se situe précisément autour de la mer Rouge. Ces nuées d'orthotères (espèces d'insectes broyeurs à métamorphoses incomplètes et dont les ailes membraneuses ont des plis droits) déferlent par milliards sur les cultures et rasent toute la végétation sur leur passage. On compte parfois deux cents individus au mètre carré, absorbant chaque jour la moitié de leur poids. On conçoit qu'un tel fléau puisse s'être inscrit dans les mémoires et ait été rapporté dans L'Ancien Testament plusieurs centaines d'années après les faits. 

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